Pour développer une relation harmonieuse et respectueuse avec les animaux qui nous accompagnent dans la vie, il est à mon sens nécessaire d’apprendre comment enseigner (à l’animal). Il faut « apprendre à apprendre ». Parce que tout l’amour que nous leur portons, la volonté de bien faire ne suffisent pas à eux seuls à faire de nous de bons professeurs (sinon, ce serait trop facile)!
Apprendre la théorie
Apprendre correctement les bases d’un travail respectueux peut demander du temps. Improviser, c’est potentiellement appliquer encore des choses négatives que l’on croient bonnes pour l’animal (croyances populaires, ne connaitre que cette méthode, avoir « vu cette méthode à la TV », …).
En se formant un minimum sur l’éducation en renforcement positif, sur toutes les manières de travailler en respectant l’animal, on remplace « ce qu’on ferait bien pour tester » par « la bonne méthode » (note : il peut y avoir plusieurs bonnes méthodes!).
Je suis consciente qu’Internet rengorge d’informations, souvent contradictoires, de méthodes de tous horizons (parfois faussement appelées « positives » ou « bienveillantes » alors qu’elles ne le sont pas du tout). C’est difficile, au début de son parcours, de savoir quoi lire, où s’informer. On vous a compilé une petite bibliothèque de pages, comptes et sites intéressants pour commencer.
Je pense que pour le tout début, il y a trois choses importantes à apprendre :
- Le comportement de l’espèce animale : signaux d’inconfort, de stress, de joie, de peur, analyse de la posture, de la communication… Bref, apprendre à lire son animal.
- Comment opère le comportement : que regarder, quelles données sont importantes, quoi changer et à quel moment? Pour ça, on va étudier l’analyse du comportement (les interactions entre l’individu et son environnement pour pouvoir travailler sur ce comportement).
- Comment préparer les apprentissages.
Connaitre son animal
Maintenant que vous connaissez les signaux-clefs de l’espèce de votre animal, il y a encore du travail! Chaque individu est unique, la façon d’exprimer leur stress, leur joie, leur inconfort peut varier d’un animal à l’autre. Certains signes seront absents ou presque chez les uns, alors qu’ils seront prépondérants chez d’autres.
Certains individus peuvent passer du calme au stress intense en quelques secondes, alors que d’autres vont y aller plus progressivement. De même, les signes évidents de joie sont très variables d’un individu à l’autre.
Une fois que vous savez quels signaux observer, vous allez pouvoir noter lesquels utilise votre animal, à quelle fréquence, dans quelles conditions…
N’oubliez pas que le stress, tout comme la douleur, ne sont pas quantifiables en soi, c’est ce que ressent l’animal qui est important (comme quand on vous demande aux urgences de noter votre douleur entre 1 et 10, ce n’est pas pour définir si vous avez mal, mais savoir comment vous vous sentez et comment vous gérez la douleur).
Comme on l’a vu dans l’article sur le positif, un stress est bien réel même si vous estimez que la cause n’a rien de stressant. Le stress est réel pour l’animal (et un stress est toujours physique puisqu’il fait monter le taux de cortisol, l’hormone « du stress » – ce cortisol qui met 3 jours à se dissiper).
Ne négligez pas les signaux envoyés par l’animal.
-> Plus vous apprenez à les observer, plus vous en verrez (et mieux vous comprendrez votre animal).
-> Plus vous les respectez, plus la communication entre votre animal et vous sera fine et fluide (et plus votre animal vous fera confiance).
Analyse comportementale
Je ne vais faire qu’un résumé ici, il y a de chouettes contenus pour apprendre ça en ligne (personnellement j’ai fait une formation sur MuZo+).
Un comportement n’arrive jamais dans le vide, il est le résultat de quelque chose qui se passe dans un environnement spécifique.
Le comportement a toujours une fonction (et comme on en a parlé dans l’article sur le positif, éteindre un comportement sans se préoccuper de POURQUOI il existe va avoir des conséquences diverses). Les principales fonctions sont le besoin d’attention, l’évitement, l’envie d’avoir quelque chose (objet, activité), …
L’analyse comportementale, c’est observer le comportement de l’animal avant, pendant et après, et analyser l’environnement dans lequel il se produit. Ensuite, on va modifier ce comportement pour qu’il disparaisse (ou qu’il apparaisse plus souvent si c’est un « bon » comportement).
Le comportement doit être observé sans aucune projection non vérifiable.
Par exemple, on ne peut pas dire « il aboie parce qu’il a peur », ce n’est pas vérifiable. On peut par contre analyser -> « Il se lève et se tourne vers la porte d’entrée. Ses babines sont crispées, ses oreilles sont tendues. On voit un peu du blanc de ses yeux. Il est planté sur trois pattes, avec la patte avant gauche relevée. Il fait un aboiement « interne » sans ouvrir la gueule, puis aboie plus fort deux fois. Il fait un tour sur lui-même, regarde vers le jardin, puis reporte son attention sur la porte. »
On va éviter de dire que l’animal EST… mais plutôt se concentrer sur ce qu’il FAIT.
Oui, c’est long et on fera ce travail avec difficulté au début, c’est préférable de prendre le temps (si possible en filmant pour pouvoir le faire au calme ensuite). Ce sera de plus en plus rapide, instinctif au fil du temps. De même, on trouvera plus facilement ce qui n’est pas « comme d’habitude » dans une séquence de comportement, alors qu’au début on doit noter chaque détail.
AVANT -> COMPORTEMENT -> APRÈS
Quel est le point de départ (antécédent)? Qu’est-ce qui se passe? Comment le chien réagit-il (comportement)? Que se passe-t-il ensuite (conséquence)?
Les antécédents analysés seront distants (contexte) et immédiats (ce qui provoque le comportement).
Par exemple :
Loulou est un cheval qui a été battu et est traumatisé (contexte). Ginette approche la brosse de son encolure (antécédent immédiat). Loulou recule (comportement). Ginette repose la brosse (conséquence).
Les prédictions
On va regarder si le comportement a tendance à augmenter ou diminuer si rien ne change.
Par exemple, Loulou va plus vite reculer (ou plus loin) en voyant la brosse si rien ne change.
On peut utiliser la phrase « Quand…, si… alors… ».
Quand Ginette sort la brosse, si Loulou recule, alors Ginette repose la brosse.
Il s’agit ici, pour info, de renforcement négatif (le comportement augmente, on retire quelque chose). Voir article sur le positif, dont la fonction est l’évitement.
Les antécédents et la conséquences sont toujours liés au comportement.
Par exemple, si Ginette n’avait pas sorti la brosse, Loulou n’aurait pas reculé. Si Loulou n’avait pas reculé, Ginette n’aurait pas reposé la brosse.
Le cas ici est simple, mais il faut parfois bien chercher dans l’environnement ce qui provoque le comportement.
Modification comportementale
1. Avant toute modification d’un comportement, faites si nécessaire un bilan médical. Comme nous, les animaux peuvent avoir des « mauvais » comportements lorsqu’ils ne se sentent pas bien, lorsqu’ils ont mal, ou que leurs besoins ne sont pas comblés.
2. Arrangement des antécédents (aménagement de l’environnement)
C’est la première chose qu’on va tenter pour modifier un comportement, puisque c’est le moins intrusif. Par exemple, pour un chien qui aboie quand il voit des oiseaux dans le jardin, on pourra simplement occulter les fenêtres (rideaux fins, stores). S’il ne voit pas les oiseaux, il n’aboiera pas!
On va aussi bien évidemment vérifier les antécédents distants : le chien est-il sorti suffisamment? A-t-il assez d’activités en journée? Il est possible qu’il aboie sur les oiseaux parce qu’il s’ennuie!
3. Renforcement positif
On va ajouter une récompense (pour rappel : c’est l’individu qui décide ce qui est une récompense pour lui) en conséquence pour augmenter le rythme/la longueur/l’intensité du comportement -> On travaille donc sur un comportement désiré (d’où l’importance de savoir ce qu’on VEUT et non ce qu’on ne veut pas…).
Par exemple, si mon chat me griffe dès qu’il doit rentrer dans sa cage de transport, je peux lui apprendre à y aller de lui-même en le récompensant à chaque pas vers la boite (Je sors la boite de transport (antécédent), il avance une patte (comportement), il reçoit une récompense(conséquence)).
Comment on fait?
Après avoir défini la fonction du comportement, on va trouver une alternative au comportement que l’on juge indésirable pour le remplacer et pouvoir récompenser cette alternative. Le comportement initial va diminuer au profit du comportement récompensé.
Ce nouveau comportement doit avoir la même fonction (sinon il ne sera pas utilisé par l’animal).
On peut voir ce que l’animal propose et ne récompenser que ce qui nous intéresse (par exemple un chien qui veut notre attention en aboyant, en nous sautant dessus et en s’asseyant en donnant la patte, on peut ne récompenser que ce dernier comportement). Il apprendra plus vite à ne pas sauter (puisqu’il ne peut pas sauter ET s’asseoir en même temps, les récompenses seront donc plus facilement comprises), qu’à ne pas aboyer (il est possible qu’il s’asseye en aboyant).
Au fur et à mesure, on deviendra plus précis et plus strict dans nos critères de récompense pour affiner le comportement.
On récompense donc en donnant de l’attention puisque c’est la fonction du comportement. Ici, ignorer ce qu’on ne veut pas, tout en renforçant ce qu’on veut est utile. Si on ignore un comportement dont la fonction est l’évitement, ça n’aura probablement aucune conséquence.
Préparer et répéter, avec et sans l’animal
Réfléchir et le travailler sans l’animal, en amont, c’est ce qui peut faire toute la différence. Savoir ce qu’on fait, où on va, quelles sont les étapes, quels sont les signes à observer, quand rétrograder, …
S’il s’agit d’un comportement à enseigner lors d’entrainements, on peut faire un planning (même si on ne le suit pas à la lettre) en découpant et en identifiant précisément les étapes d’apprentissage. Ça permet de pouvoir avancer rapidement, mais aussi facilement revenir en arrière en cas de difficulté sans devoir réfléchir de trop.
S’il s’agit d’un comportement « dans la vie de tous les jours », on peut analyser ce qu’on voudrait et essayer de lister toutes les options que l’animal pourrait choisir et dont on ne veut pas (pour pouvoir les contrer par exemple). On peut préparer des récompenses aux endroits-clefs par rapport à ce comportement (c’est mieux que d’avoir le comportement et devoir traverser la maison pour aller chercher une récompense…).
Une séance d’entrainement bien préparée permet un déroulement fluide. Vous êtes moins (ou pas!) stressé.e et l’animal est plus détendu.
Vous pouvez aussi noter le nombre de répétitions d’un exercice et prendre le nombre de récompenses en conséquence.
Notez un maximum d’infos pendant vos entrainements (nombre de répétitions, signes qu’il en a marre (lesquels et au bout de combien de temps?), contexte de l’entrainement (bruit? Vent? Pluie? Chien fatigué? Activités avant?). Tout ceci, relu à tête reposée, va aider à améliorer l’entrainement suivant (contexte à supprimer, nombre de répétitions optimal, temps d’entrainement agréable pour l’animal, …). Vous pouvez aussi filmer vos séances pour les regarder d’un œil extérieur ensuite (on y voit souvent les raisons pour lesquelles « ça a foiré » alors qu’on n’a rien vu sur le moment).
Pour exemple, deux de mes chiennes travaillent avec un rythme très différent.
Menchi peut travailler longtemps sans décrocher, mais elle n’est pas rapide ni « extra attentive ». Elle déconnecte parfois quelques secondes quand elle entend un bruit, sent une odeur, etc, puis revient vers moi pour continuer. Elle peut travailler sans soucis 30 minutes (je groupe les exercices par 10 répétitions max pour laisser des pauses). Elle travaille dans la majorité des contextes (sauf chiens autours d’elle).
Maki est plus « à fond », ses entrainements sont courts (quelques minutes), mais peuvent être faits à différents moments de la journée (plutôt 15 x 2 minutes dans une journée qu’une séance de 30 minutes). Elle est très concentrée sur un court laps de temps, mais une fois déconcentrée, elle est difficile à récupérer (j’ai arrêté les cours à cause de ça). Je prends généralement une dizaine de friandises (donc 10 répétitions max). Elle travaille mal dans les espaces inconnus, s’il y a du bruit, des chiens autours d’elle. Elle a du mal à se concentrer quand sa jauge de stress est trop remplie (il y a eu trop de montées de stress dans la journée) même si l’entrainement a lieu à un moment calme.
Facilité
Pour que l’apprentissage soit un plaisir, il est nécessaire de ne rien faire de trop difficile et de ne pas mettre l’apprenant en échec.
Quand je dis « difficile », on parle bien du ressenti de l’animal, et non d’une « valeur standard ».
On va calibrer l’apprentissage pour que chacun exercice soit plutôt simple à réaliser, même ceux qui demandent de la concentration ou une bonne connaissance d’autres exercices.
Par exemple pour un chien, dans l’absolu, un slalom en reculé entre nos jambes est un exercice « difficile » (avancé, on pourrait dire). Si on apprend ça à un chien qui n’a jamais fait aucun exercice du même genre (suivi d’un leurre, passer entre les jambes, slalom avant…), l’exercice sera trop difficile! Pour un chien qui aurait appris à reculer, à suivre un leurre, à slalomer et à passer entre vos jambes, ce n’est pas plus difficile qu’autre chose.
Il est donc important de partir de bases solides et de construire les apprentissages en allant « de base en base ». Pensez à découper vos exercices et apprendre chaque petite chose séparément avant d’en demander de trop (et que ça devienne difficile).
Pourquoi ne pas faire difficile?
La motivation vient du fait qu’on réussisse un exercice. Plus on (humains ou animaux) réussit, plus on est récompensé, plus on est motivé.
A contrario, plus l’exercice est difficile, plus on a de risque de rater et plus on va se sentir « pas capable ».
Bien sur, au fur et à mesure qu’on avance, ça peut se compliquer un peu. Et là, point super important : revenez en arrière!
Revenir à quelque chose de plus simple ne sert pas seulement à « reculer pour prendre de l’élan ». Ça sert aussi à remettre la motivation en route (les animaux comprennent vite quand ils n’arrivent pas à faire ce qu’on voudrait, et peuvent se démotiver).
Imaginez qu’on vous donne des exercices (math, français, musique, peu importe, un truc que vous aimez). Réussir un exercice est déjà une récompense en soi (on se sent fier de l’avoir fait). Si chaque exercice est plus difficile que celui d’avant, et que vous savez que ça se passe toujours comme ça, dès que ça commencera à être trop compliqué vous allez abandonner (de toute façon le suivant sera encore pire). Mais si on alterne des difficiles, des moyens, des simples… vous resterez motivé (celui-ci est super dur mais si j’y arrive le suivant ça ira!).
Habituez votre animal qu’un exercice compliqué n’est jamais suivi de « pire », mais plutôt d’un truc facile ou fun!
Fluidité
Comme dit plus haut, découpez vos exercices en compétences (un chien à qui on apprend la marche au pied doit savoir rester proche/contre vous (compétence 1), soit savoir marcher lentement (compétence 2), doit savoir garder le focus sur vous (compétence 3), …).
Réfléchissez et préparez le terrain pour que le comportement que votre animal doit avoir soit le plus naturel possible dans la situation.
L’animal doit sauter au-dessus d’un obstacle? Ne laissez pas 5 mètres de chaque côté de l’obstacle, le passage via l’obstacle doit être le chemin le plus logique.
Apprenez à votre animal comment travailler
La méthode que je préfère (et celle qui fait le plus sens à mon avis), c’est d’inciter un comportement pour pouvoir le récompenser. Ensuite, travailler ce comportement en boucle (loop-training). Une fois qu’il est bien acquis (franc, directement réalisé), j’ajoute une demande verbale. J’enlève ensuite progressivement ce qui a aidé le comportement à se produire.
Exemple : pour une belle position « assis au pied », j’utilise un bloc surélevé. J’ai d’abord appris au chien à aller s’asseoir dessus de lui-même (compétences : aller dessus et « assis »). J’ai ensuite placé mon pied sur le bloc pour lui laisser uniquement la place pour s’asseoir (au bon endroit du coup). Quand c’était fluide, j’ai ajouté un mot. Ensuite, le bloc est devenu un morceau de tissus (même taille et couleur), puis un petit morceau de papier puis plus rien.
Enseigner à son animal que, lorsqu’il est dans une situation « de travail », il doit tester des choses avec l’environnement est une compétence qui s’apprend très bien. On peut commencer simple en se mettant dans un endroit pas très intéressant et en ajoutant un élément (cône, tapis, bloc surélevé, balle, …). Chaque intérêt de l’animal pour l’élément sera récompensé. Progressivement, on va attendre qu’il propose plus, jusqu’à obtenir le comportement souhaité.
Regard vers l’objet -> pas vers l’objet -> toucher l’objet -> monter sur l’objet ou pousser l’objet, et on n’oublie pas de revenir en arrière à la moindre hésitation (un « lag » peut montrer une hésitation).
Au bout de quelques sessions généralement, l’animal aura compris qu’il faut essayer et cherchera de lui-même plus facilement la solution. Il comprendra aussi qu’un geste récompensé n’est pas forcément la finalité et qu’il peut proposer plus que ça.
Cette façon de faire rend l’animal actif dans l’apprentissage et permet généralement d’aller plus vite qu’avec un leurre (même si je l’utilise beaucoup aussi pour certains types d’exercices).
Pour l’anecdote, quand j’étais gamine on apprend le slalom en agility canin avec un leurre (donc le chien suivait la friandise et ne regardait pas forcément ce qu’il faisait). C’était l’obstacle le plus long et le plus souvent raté. A l’heure actuelle, on apprend au chien comment « entrer » entre les deux premiers piquets, puis à faire un S. Il suffit ensuite d’ajouter plusieurs « S » d’affilée pour avoir un slalom complet! Le chien peut le prendre de manière indépendante et sait comment entrer dedans et exactement ce qu’il doit faire.
Et s’il ne fait rien?
Est-ce qu’il veut travailler? Est-il en forme? Si oui, alors c’est que ce qui est mis en place n’est pas évident pour lui. Changez l’angle, approchez-vous de l’objet, lancez une friandise tout près, voire même montrez l’exemple!
Le mythe (?) de finir sur une note positive
Si votre animal en a marre, s’il est fatigué, stressé… refaire l’exercice encore et encore jusqu’à ce qu’il le réussisse ne va avoir qu’une seule conséquence : le manque de motivation pour cet exercice (voire un rebut total).
Finir une session sur une note positive, c’est un grand OUI mais… pour l’animal, pas pour vous! Il est fatigué? Déconcentré? Il ne « veut » plus? Laissez tomber l’exercice, jouez avec lui, offrez-lui le reste de friandises ou laissez-le courir. Ce qu’on veut, c’est qu’à la prochaine séance, il revienne motivé.
Il arrive parfois que l’animal se démotive parce que la difficulté est trop élevée, mais reste quand-même en demande de travail (frustration qui monte par exemple). On peut éventuellement tester de demander quelques exercices ultra connus pour faire remonter son estime de lui-même, avant de clôturer la session.
Un animal qui n’arrive pas au bout d’une séance en dit surtout beaucoup sur notre préparation. Séance trop longue, rythme trop difficile, exercices mal adaptés ou signaux ignorés… A nous de nous adapter la prochaine fois.
Le stress de « bien faire »
On est humain. Bien sur que parfois on loupera un signal. Bien sur que parfois on avancera trop vite. Bien sur que parfois on s’énervera. Évidemment. Ne vous sentez pas coupable de ça. Vous n’avez pas besoin de vous punir (on a dit quoi à propos des punitions?). Respirez, arrêtez la session en offrant du jeu ou des friandises à l’animal et faites autre chose le temps que ça aille mieux. Tout comme eux, on ne peut pas toujours contrôler nos émotions. Continuer une séance (ou même un concours!) coute que coute alors que ça ne va pas, n’aidera ni l’animal ni vous. Vous n’en ressortirez pas mieux, au contraire. Privilégiez votre relation en la préservant. Elle est plus importante qu’un apprentissage qui peut attendre ou qu’un concours.
Sachez aussi qu’il y aura toujours, TOUJOURS, des gens pour vous donner tord, pour vous dire qu’ils savent mieux et pour vous dire que vous faites mal. N’oubliez pas chaque personne est à un point de son apprentissage personnel, et que vous n’êtes vraisemblablement pas au même endroit. Chacun voit le monde a sa manière, il ne s’agit pas de vous, il s’agit toujours d’eux. Lisez l’article sur le sujet si ce n’est déjà fait.


